Article rédigé par notre chère collaboratrice, Mariëlle van Luijk.
Même si je suis adulte aujourd'hui, je me souviens encore très clairement des nombreuses soirées où je regardais les magnifiques contes populaires hongrois en dessin animé, appelés magyar népmesék. Ces histoires s'articulent plus ou moins autour de quelques éléments clés : une jeune fille courageuse, une sorcière ou un diable, et un long voyage semé d'épreuves à surmonter. Parfois, ces récits se mêlent même à la réalité, comme la légende de la broderie Matyó.
Il était une fois, dans un pays lointain, au-delà des montagnes de verre, une jeune fille. Elle était très heureuse et éperdument amoureuse de son fiancé, jusqu'au jour où le Diable le lui déroba. La jeune femme sombra aussitôt dans un profond désespoir : elle pleura, tomba à genoux et supplia le Diable de revenir sur sa décision.
Mais le Diable, qui était très rusé, lui dit qu'il lui rendrait le jeune homme à une condition : elle devrait lui apporter les plus belles fleurs que les prairies avaient à offrir. Cela n'aurait pas posé de problème, n'eût été le fait qu'on était en plein hiver. La jeune femme gratta désespérément la terre gelée, mais en vain : elle ne trouva pas de fleurs.
Puis, soudainement, elle eut une vision de la façon dont elle pourrait exaucer le vœu du diable. Elle rassembla tous les fils colorés qu'elle put trouver dans le village et travailla sans relâche, jour et nuit, brodant les fleurs du printemps sur un tablier. Elle apporta ensuite ce tablier orné de roses, de tulipes et de branches au Diable. Surpris par l'ingéniosité de la jeune fille, le Diable fut satisfait et, en échange de ce travail coloré, il lui rendit le jeune homme.
Jeune femme en tenue de fête Matyó de Mezőkövesd, portant un szűcsös surc. Photographie de Farkas-Mohi Balázs.
Une jeune femme de Mezőkövesd en tenue de fête. La coiffe singulière est appelée csavarítós kendő et est souvent utilisée pour représenter la culture Matyó de Mezőkövesd. Photographie de Farkas-Mohi Balázs.
Détail du tablier Voriagh "Rózsa".