Voriagh-the-sisters-and-their-mother.jpg

Les Sœurs (et Leur Mère)

Voriagh suspend le temps. Née aux abords de la forêt de Fontainebleau, cette maison familiale crée des vêtements qui portent en eux la mémoire des folklores slaves, baltes et nordiques. Chaque pièce est habitée par la matière, par les saisons, par le geste patient de celles et ceux qui brodent. Au cœur de cette démarche bat une exigence : celle de la recherche ethnographique, de motifs qui ne se contentent pas d'orner, mais protègent, symbolisent, transmettent.

Une histoire de famille, deux lieux : la forêt et Paris

Voriagh est née de l'élan commun d'Olivia et Vivien, deux sœurs, et de leur mère Bruna. Olivia et Vivien sont violonistes de formation classique, spécialisées dans la musique ancienne, une discipline qui leur a appris la patience, la précision et le respect profond de la tradition. Bruna, couturière, leur a transmis bien plus qu'un savoir technique : la broderie, la couture, et les gestes hérités de leurs origines familiales qui s'étendent à travers l'Europe centrale et orientale, Tyrol, Balkans, Hongrie. Ce n'étaient pas seulement des compétences. C'était une mémoire rendue tangible par le fil et le tissu.

Olivia crée chaque pièce de bijouterie à la main. Travaillées en argent et en plaqué or, elles puisent dans les mêmes symboles et motifs folkloriques qui traversent les collections. Un travail lent et minutieux, celui qui demande d'être pleinement présent.

La maison s'est développée au bord de la forêt de Fontainebleau, dans ce paysage qui nourrit l'imaginaire depuis toujours : la mousse humide sous les pas, l'écorce rugueuse, les clairières où perce la lumière, le silence habité.

À Paris, Voriagh occupe un unique espace dans le 10ᵉ arrondissement, pensé comme une rencontre plutôt que comme une boutique. On y vient essayer, toucher, comprendre la construction d'une pièce, sentir le poids d'un tissu. On y redécouvre ce que le vêtement peut encore avoir de tangible, de vrai, dans un monde où tout tend vers l'immatériel.

L'étude comme préalable : rigueur et humilité

Avant que le crayon ne touche le papier, il y a l'observation… longue et minutieuse. Nous examinons les pièces anciennes : leurs coutures, leur usure. Nous scrutons l'iconographie populaire, les photographies jaunies, les collections endormies dans les musées. Nous consultons les archives.

Cette recherche n'a rien d'ornemental : elle permet de saisir le contexte, de comprendre les usages, de déchiffrer la symbolique d'un détail avant de l'accueillir dans une création contemporaine. Nos références ne sont jamais traitées comme des tendances éphémères, mais comme des héritages dont nous sommes les gardiennes. Chaque emprunt demande soin, contextualisation, et cette forme d'humilité qui reconnaît que ce que l'on reçoit ne nous appartient jamais tout à fait.

Nous travaillons aussi en collaboration avec des experts en ethnographie, dont les connaissances viennent approfondir et affiner notre propre regard. La collaboration dont nous sommes le plus fières est celle menée avec Marielle Marci en Hongrie, diplômée en ethnographie, dont le travail nous a profondément nourries. Nous vous invitons à le découvrir.

Une mémoire héritée

Le lien que nous entretenons avec ces traditions s'appuie sur quelque chose de plus intime que l'intérêt ou l'admiration. Les origines d'Olivia, Vivien et Bruna remontent à quatre régions d'Europe centrale et orientale, où les traditions populaires demeurent profondément ancrées. Les techniques transmises par Bruna à ses filles sont issues de générations de savoir-faire : motifs de broderie, méthodes de montage, rituels saisonniers tissés dans le tissu même.

Nous créons depuis cette mémoire, en élaborant notre propre langage visuel, nourri de ce que nous avons reçu et de ce que nous continuons d'apprendre.